Fille et Garçon : sur la route pour l’égalité ?

Les garçons ça dit des gros mots, ça pense qu’à la bagarre et à la guerre ! Les garçons c’est nul ça aime pas les princesses et ça tire les cheveux des filles. Les filles ça se prend pour des grandes et ça veux toujours tout commander …

A l’école comme à la maison, on n’éduque pas une fille de la même manière qu’un garçon.

Selon une étude réalisée en 2007 en Suède, une tendance montre que les éducateurs encouragent dès le plus jeune âge les filles à être calmes, polies, serviables et à attendre leur tour, mais acceptent que les garçons fassent du bruit, réclament, sautent et courent dans la classe. De ce fait, les filles auront tendance à réaliser un meilleur parcours scolaires que ceux des garçons par la suite. Les garçons seront vus comme des élèves plus perturbateurs et moins ponctuels pour la plupart des cas.

Malgré tout notre bon vouloir, il est impossible d’éduquer vraiment les deux sexes de la même manière, tout simplement parce que les parents ont déjà des projets et des idéaux plein la tête avant même la naissance de leurs enfants. C’est ce que nous illustre Pascale mère d’un garçon et d’une fille : « j’avais déjà des idées pour la décoration de la chambre des enfants quand j’ai appris leur sexe, un univers de conte pour ma fille avec du rose, des peluches partout alors que pour mon fils c’était plus du bleu, du vert, des super héros. »

Entre 4 et 6 ans, un garçon caricature la masculinité et joue aux « durs ». S’il affirme fièrement que c’est beaucoup mieux d’être un garçon, c’est parce qu’il est en train de construire son identité sexuelle. De même qu’une petite fille a besoin d’entendre : « Tu vas devenir une très belle dame ». Celle-ci aura tendance a vouloir mimer la féminité, faire des simagrées (qui agacent la plupart du temps), et a vouloir commencer son jeu de séduction. Pascale nous confie : « mon fils est encore trop petit pour que mon comportement influe, cependant il est vrai que je considère ma fille comme une vraie petite princesse. »

La société, la culture, les médias, les contes de fées, proposent aux enfants des héros et des jouets « sexués ». Les parents, les grands-parents, les oncles, les tantes, les éducateurs scolaires, les profs, les amis vont proposer une certaine représentation sociale du masculin et du féminin à laquelle l’enfant se conformera, qu’on le veuille ou non…

Et c’est donc suite à notre éducation, à notre enfance, à tous les leadeurs d’opinion que les métiers sont classés « féminins » ou « masculins », que les stéréotypes persistent et qu’un garçon est mal vu lorsqu’il devient esthéticien ou sage-femme ! Etre homosexuel n’a aucun rapport avec le fait d’exercer un métier féminin ou encore avec le fait de préférer jouer à la poupée dès l’enfance. Pour limiter les clichés, beaucoup de parents inscrivent leurs petites filles au foot et leurs petits garçons à la danse… Nous ne sommes à l’heure d’aujourd’hui que sur le début du chemin de l’égalité des sexes.

Juliette.

Sources :

– Entretien avec une professeur de collège dans le Berry

– Entretien avec une salariée de l’Onisep (travaillant sur la mixité dans les écoles)

– Onisep Centre France (brochure sur l’égalité)

http://www.uimm.fr/fr/pdf/guide1/depasser-les-stereotypes.pdf

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/28/01016-20130328ARTFIG00459-les-stereotypes-garcons-filles-s-imposent-des-la-creche.php

Conditionnés depuis la naissance.

Doux, léger, insouciant… beaucoup d’adjectifs peuvent décrire le monde des enfants, mais on pourrait aussi utiliser sectaire, inégalitaire, discriminant… Des mots trop forts ?

De la maternité, avec son lot de chaussons roses pour les filles, au premier sac d’école Superman, les enfants sont conditionnés pour différencier les sexes. Une inégalité de salaire, des perspectives d’évolution plus faibles pour les femmes, une charge de travail plus conséquente au sein du foyer… Les stéréotypes et les conventions ne manquent pas sur la place de la gente féminine au sein de notre société. Mais le passage à l’âge adulte ne déclenche pas ces comportements, on ne se retrouve pas du jour au lendemain dans la peau d’une femme aux droit bafoués. A l’âge où on les pense innocents, insouciants, les bambins sont déjà formatés !

Involontairement les professionnels de l’enfance compartimentent les espaces de jeux, sélectionnent les activités « filles » et « garçons ». Rien de bien méchant à première vue. Mais une fille à qui on apprend qu’un garçon s’amuse avec des voitures et qu’elle devra faire la cuisine pour jouer, peut-elle sortir de ce schéma imposé ? Et lui pourra-t-il assumer si ce n’est pas les camions qu’il aime ?

Des lieux utopiques existent pourtant, où filles et garçons plantent des clous dans des morceaux de bois, où les garçons ont accès libre à la caisse à poupons et à la cuisinette. Ceux sont les crèches alternatives où les enfants (quelque soit leur sexe) sont logés à la même enseigne. Un moyen de montrer aux bambins qu’on peut être une fille et aimer les jeux de construction ou les voitures télécommandées. Le but est de les initier à une vision plus indulgente, une vision qui est censée leur permettre de contrer les pièges de l’inégalité du monde adulte (les femmes ont environs 28% de moins sur leur salaire par rapport à un confrère mâle pour le même travail d’après une enquête de l’Insee).  Ce qui est vrai dans les crèches, peut l’être aussi dans les écoles. Les solutions ne manquent pas pour des parents qui souhaitent offrir une éducation différente.

Vouloir éduquer les enfants à ce nouveau regard est une chose, mais qui s’occupe des parents?   Des éditions comme Talents Hauts ceux sont lancés une mission, diffuser la parité dans les livres au travers d’histoires se voulant non stéréotypées. Les parents lisent à leurs enfants et s’imprègnent eux aussi de ce concept, en avouant à leur tête blonde que la princesse ne termine pas toujours sur le cheval blanc du vaillant chevalier. Un moyen seul ne suffit pas comme le déclare Jutine Haré de Talents Hauts, mais qui allié aux crèches alternative et à une éducation changeante est censé permettre une évolution des mœurs.

Gaëlle

Source chiffre insee :

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1436

Salaires inégaux : le prix de la galanterie !

Si les hommes sont mieux payés, c’est apparemment pour mieux nous séduire, en tout cas c’est ce qu’on veut nous faire croire…

Aujourd’hui, pour un poste équivalent, un homme gagne en moyenne 20% de plus qu’une femme. Soit un écart constaté de 446€.  Même si cet écart semble important, il ne faut pas oublier que ces messieurs dépensent énormément pour les femmes. La galanterie ayant distribué les rôles ainsi : les hommes contrôlent et dépensent, les femmes restent passives et attendent d’être séduites. Une étude américaine a fait ressortir qu’aujourd’hui encore 84% des hommes estiment que c’est à eux de payer l’addition lors d’une sortie.

Répartissons leurs dépenses de séduction sur un mois dans ce monde impitoyable. Pour rencontrer quelqu’un, il est d’actualité d’utiliser un site de rencontre. En général ils sont gratuits pour les femmes mais payants pour ces pauvres messieurs, environ 11€ par mois. Après cette étape vient celle de la rencontre. L’homme et la jeune femme convoitée se retrouvent pour boire un café qui coûte en moyenne 1,48€. Si cet homme est un romantique ajoutons le prix d’une rose : 2,79€.

Admettons que le courant passe bien, cela implique un nouveau rendez-vous. Le prix moyen d’une soirée romantique comprenant un bouquet de rose, une pizza avec des boissons, deux places de cinéma, deux bières et une course en taxi est de 130€ à Paris. A ce stade un homme a déjà dépensé 146,75€, uniquement pour conquérir sa belle.

Imaginons que l’opération se répète deux fois (soit 4 sorties totales dans le mois), ces messieurs débourseront environ 406,75€ pour cette parade amoureuse. En reconsidérant les petits à cotés : hôtel, chocolats, cadeaux, essence, weekend, spectacles, tenues vestimentaires (et oui ces malheureux ne bénéficient pas de boutiques de costumes discount, ils doivent les payer plein pot), il semblerait que les gentlemen  dépensent bien plus, bravant la crise pour ces dames !

Si les étudiants, ayant donc un petit revenu, déclarent dépenser en moyenne 165€ par mois pour leurs copines, les actifs, eux, déclarent ne dépenser que 270€ ! On se demande où sont passés les 176€ manquants ? Surement dans le prêt pour cette grosse voiture ou dans l’abonnement à la salle de sport qui, à coup sûr, les aideront à séduire davantage.

Ce que les hommes dépensent pour l’être désiré correspond environ à l’écart entre les salaires des deux sexes. Les femmes obtiendront le même salaire lorsqu’elles s’opposeront au système machiste et sexiste actuel que les règles de la galanterie ont créées, au rôle qu’il leur impose, et lorsqu’elles décideront, elles aussi, de tout mettre en œuvre pour séduire les hommes. Un salaire inférieur de 20% : apparemment le prix à payer pour être courtisée.

Louise

Marc Dutriaux, l’accoucheur de ces dames

Rencontre avec Marc Dutriaux, trentenaire dont la profession a été strictement réservée aux femmes jusqu’en 1982, celle de sage femme. Engagé depuis un mois dans un mouvement de grève, Marc Dutriaux revient aujourd’hui sur la masculinisation de son secteur si particulier.

Marc Dutriaux est inquiet. Demain il a rdv au Ministère de la Santé pour discuter du changement de statut  qui revalorisera les compétences et la rémunération des sages- femmes. Lui qui pratique son métier depuis de nombreuses années, est le représentant du collectif de sages-femmes. Intarissable sur le mouvement de grève, il est agacé lorsqu’est évoquée la question de la parité au sein de son métier. « Vous savez, j’ai en marre de ces sempiternelles questions que posent les journalistes sur le sujet ». Marc Dutriaux est pourtant une espèce rare chez les sages-femmes.

D’après le rapport de recherche sur les sages-femmes en France entre 2009 et 2010, les hommes sages-femmes sont encore minoritaires, avec seulement 345 hommes parmi les 20000 sages-femmes en activité. Bien que seul garçon de sa promotion, Marc Dutriaux n’a jamais ressenti la moindre gêne à être entouré uniquement de filles… Même si lorsqu’il exerçait encore à l’hôpital et qu’il  rentrait pour la première fois dans la chambre d’une patiente, elle le prenait invariablement pour le médecin ! Le plus surprenant est que, selon lui, ce qui le différencie le plus des femmes sages-femmes, c’est qu’il serait « plus attentif à la douleur » ! Mieux il dénonce le comportement parfois insensible de ses consoeurs. « Je suis très attentif au bien-être de ma patiente. Par exemple, avant de l’examiner, une femme sage-femme va la laisser les fesses à l’air durant un long moment, sans lui laisser le choix, alors que moi je vais lui mettre un drap rapidement et la mettre plus à  l’aise ». On est loin des qualités de douceur ou d’écoute traditionnellement attribuées à la gente féminine, ces clichés qui continuent de guider les carrières des femmes vers des métiers de soin à autrui. « Les stéréotypes  se constituent dès le plus jeune âge » poursuit-il. Et de relater un souvenir d’enfance : « Durant la maternelle, pour le Noël de l’école,  je voulais une poupée, ce qui a offusqué l’intégralité des enseignants car je ne souhaitais pas un camion comme mes camarades masculins  ». D’ailleurs, il remarque que le rose, la couleur de sa profession, est révélatrice de l’image « petite fille sage » que l’on confère aux femmes.

Indigné, Marc Dutriaux désapprouve que la parole masculine soit plus audible que celle de la femme, notamment dans le débat public. Pour exemple, il se rappelle les difficultés de son épouse, une sage-femme rencontrée lors d’un congrès étudiant, à se faire entendre auprès du Ministère. Elle a mis des mois pour décrocher un rendez-vous alors qu’il lui suffit, à lui,  d’un seul jour pour le même résultat ! Ce qui montre bien qu’il existe « un rapport entre les métiers dits féminins et leur manque de valorisation ».

Enfin, bien qu’il ait lui-même assisté à l’accouchement de ses deux enfants en tant que père et non en tant que professionnel, Marc Dutriaux ne veut pas obliger le mari de ses patientes à être présent. Il laisse le choix à la mère, puis au père, et « rien ne doit l’obliger à être là, et surtout pas la pression de la société. »

La réunion entre les syndicats, le collectif des sages-femmes et le Ministère de la Santé a eu lieu le 19 novembre dernier. La question sur la revalorisation des salaires n’a pas été abordée, contrairement à celle sur le statut qui sera développée lors de la réunion plénière prévue fin décembre.

Propos recueillis par Robine

Comm’homme !

En 2002, le secteur de la communication ne comptait que 42% d’hommes dans ses rangs selon l’INSEE. Depuis cette étude, plus rien. Qui sont ces hommes de l’ombre qui vous parlent tous les jours au travers d’affiches, de spots et de pubs ? Aujourd’hui, ils se dévoilent et vous parlent de leur métier, de ce que ressent un homme dans ce secteur féminisé.

11h. Conseil général du Val-de-Marne. Les couloirs sont recouverts d’affiches des événements passés, présents, et futurs. Pas de doute possible, nous sommes au bon endroit. Les hommes de la direction de la communication nous attendent dans le studio graphique. Amanullah, apprenti chargé de communication et Stéphane, graphiste du DIRCOM, sont assis autour de la grande table de réunion. Les femmes, présentes dans le studio, laissent traîner une oreille, curieuses d’entendre ce que les hommes ont à dire. L’entretien commence. Les mains se resserrent autour des tasses fumantes de café. La parité est un sujet délicat à aborder, surtout au milieu de la gente féminine. Sur ce thème, les dérapages sont aisés, les faux-pas réguliers.

Les deux hommes concèdent facilement la faible masculinité au sein de la communication. Et pendant qu’Amanullah souligne le fait que la totalité des responsables de communication sont des femmes, Stéphane parle chiffres. Pour lui, la DIRCOM compterait 85% de femmes. Le graphiste voit large. En réalité, la DIRCOM ne compte que 65% de femmes. L’extra-représentativité des femmes aux yeux de Stéphane révèlerait-elle un manque de présence masculine ? Question embarrassante. Stéphane tire nerveusement sur sa cigarette électronique. « L’ambiance est relativement saine, mais la résolution de certains conflits aurait gagné en simplicité avec plus d’hommes, me confie-t-il. On s’engueule, on se dit ce qu’on a à se dire et puis on repart sur de bonnes bases. » Amanullah acquiesce. Pour lui, avec plus d’hommes, l’ambiance de travail se trouverait certainement changée, mais pas la méthode. Je tique. Y-aurait-il des difficultés de communication entre les hommes et les femmes au royaume de la communication ? Après tout, les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés. Eclat de rire de la part d’Amanullah. « On n’a pas encore eu d’attaque féministe ! Et puisque l’ambiance est bonne, la compréhension est facilitée ». Plus sérieux sur la question, Stéphane trouve qu’il est difficile de faire un parallèle entre une compréhension entre hommes plutôt qu’inter-genre. « La situation se présente rarement au Conseil général. Je ne suis pas sûr que les difficultés que j’ai rencontrées soient liées au fait que ce soit des femmes. Peut-être est-ce plus lié à leur utilisation des nouvelles technologies qui est différente de la mienne. Mais en terme de sensibilité, je pense qu’instinctivement, nous n’avons pas la même, on est pas forcément sur la même longueur d’onde ». L’apprenti attrape la balle au rebond. Lui dont la responsable vient de faire irruption dans le bureau tente un shoot à 3 points. « Je pense que la capacité à exercer ce métier résulte moins d’aptitudes de genre que du parcours d’études.  En tant que chargé de communication, il faut savoir s’exprimer à l’écrit, avoir un certain goût littéraire, et ce sont souvent des femmes qui font ce genre de choix de formation ». La porte du bureau se referme, la responsable quitte le terrain sur un coup d’éclat de la part de son poulain. Soucieux de ne pas mettre à mal la solidarité masculine il ajoute : « J’ai l’impression que les métiers de la communication dans lesquels les hommes sont plus représentés sont peut-être plus techniques, comme le graphisme ». Malgré le machisme de l’argument, la foule est en délire. Amanullah remporte le match.

Dans la même lignée, Alain Germain, directeur de la communication du Conseil général du Val-de-Marne, renforce les propos du jeune prodige. « Au début de ma carrière, les hommes avaient une place plus importante. Aujourd’hui, lorsque je recrute, 9 cv sur 10 appartiennent à des femmes, cela a forcément  des conséquences sur la féminisation de l’effectif. Cette empreinte « féminine » est le résultat d’une évolution générale qui n’est donc pas propre à notre collectivité. Cela n’a aucune conséquence sur la marche de la direction de la communication et la mobilisation au travail des agents. Mais, pour être très franc, avec plus d’hommes, je prendrais sans aucun doute moins de plaisir dans mon travail. » Si cet aveu relève en réalité de la bonne relation qu’entretient le directeur avec son équipe féminine, elle pose la question de la vision de la femme comme un atout séduction au sein d’une équipe.

Quentin

A tour de rôle

Mercredi 23 juin 2085,17h20. L’institutrice réprimande Tom qui est encore en retard pour récupérer le petit Théo. Avec les courses à faire et le ménage de la maison il n’a pas vu le temps passer. Il se tait et baisse la tête. Elle ne peux  pas comprendre de toute façon. Père et fils montent dans la voiture, direction l’hôpital. Tom va aujourd’hui  connaitre le sexe du bébé qu’il porte depuis de longues semaines. Il aurait aimé que sa femme l’accompagne  mais elle est retenue au boulot. Verdict, ce sera une fille.  » Surement une future grande chercheuse ou peut  être même la future présidente » plaisante la gynéco. C’est sa mère qui va être contente, elle qui craignait pour la perpétuation de son nom de famille avec un seul garçon.

19h30, Tom et Théo sont enfin de retour chez eux. Léa, la femme de la maison n’est toujours pas rentrée. Comme à l’accoutumée, c’est super papa qui s’occupe du repas, de la vaisselle, des devoirs du petit, de l’envoyer à la douche et enfin de lui lire un passage de son histoire préférée pour l’endormir. Exténué, il se laisse ensuite tomber sur le canapé et allume la télé. Parmi les  faits divers du JT, la ministre de l’économie mise en inculpation pour le viol d’un homme de chambre dans un hôtel parisien. Il zappe. Sur la 2, un reportage sur les Homen, une poignée d’utopistes qui manifeste nu pour défendre le droit des hommes. Admiratif, il se met à rêver d’émancipation et d’égalité.

20h55. Un bruit de porte le sort de ses rêveries. Sa femme entre en vitesse, accompagné de deux de ses amies. Sans grande  considération, les trois femmes s’installent sur le canapé. Léa retire la télécommande des mains de son mari et zappe sur la 1. C’est la finale de la coupe du monde de foot opposant l’équipe de France à la Tunisie. Les françaises portées par Laura Ziza entrent sur la pelouse sous les yeux de la présidente de la république qui s’est déplacée pour l’événement. « Et dire qu’il y a qu’un seul homme sur le terrain.. » soupire Tom. Les équipes nationales étant officiellement mixtes depuis la loi de 2023, seul un homme avait était retenu. « Le sport c’est un truc de nana, t’as pas une lessive à faire plutôt? Ramène nous des bières au passage! » lui répond sa femme. Vexé, il lui lance un regard noir et se lève. Elle en profite pour lui mettre une main aux fesses sous le regard amusé de ses copines. Tom ouvre le frigo, prend des bières mais monte directement à l’étage. Il s’assoit sur la machine à laver, s’enfile une à une les bières et éclate en sanglot. Il pense à sa condition, à ses rêves brisés et à celui qu’il aurait pu devenir s’il n’avait pas du interrompre ses études pour s’occuper de son fils.

A cet instant  précis, il maudit son arrière grand père, dernier homme président de la république d’avoir fait un demi siècle  plus tôt, de la parité son cheval de bataille.

Maxime